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samedi 28 octobre 2017

les amis de la Terre d'Eseinias à Leogeats (33), formation octobre 2017

Pour ceux qui sont venus en stage ou travailler à la maison, certains se souviennent sans doute d'Atlas, un âne puissant et calme (voir lent) mais excellent travailleur (normal, c'est un petit fils de Fifi dirait Armelle !).
C'est lui et son copain Requiem que nous avons retrouvés sur un écolieu géré par les Amis de la Terre d'Eseinias à Leogeats en Gironde. Ils y travaillent aux travaux quotidiens.
Le but de cette formation était de remettre Atlas au cordeau, ce qui a pris 10 mn (après une année sans pratiquer) et de former les habitants du lieu à cette technique pour les travaux agricoles et d'usage courant. Le plus difficile a été de séparer les deux ânes, ce qui n'avait jamais été le cas durant cette année.
Une voiture maraîchère moderne toute neuve nous attendait aussi et nous avons eu le plaisir de l'atteler.
Quant à Requiem, spécialisé dans le bât,  il a étrenné les nouvelles échelles fabriquées par un adhérent de l'association
Deux jours bien remplis, fort agréables avec des stagiaires enthousiastes et motivés.



dimanche 7 février 2016

menage au cordeau

Pour tous les travaux à pied, les guides présentent le désavantage d’être « encombrantes » et  il y a souvent nécessité d’utiliser ses deux mains pour mener,rien que pour faire les reprises de guides. Il n’en reste donc pas de libre pour toutes les autres fonctions et Dieu sait si dans certains cas, elles sont nombreuses !
Le menage au cordeau avec une seule guide, appelé « cordeau » pallie à cet inconvénient. Le meneur a ainsi une main libre et peut passer de la main droite à la gauche tout en gardant le contact avec son animal.
Historiquement  cette technique apparue sans doute au XIXème siècle a connu son apogée (comme technique moderne) lors de la grande époque de la traction animale agricole (mécanisation sans moteur de l’agriculture) avant la seconde guerre mondiale. Elle était surtout utilisée dans les régions à forte tradition de traction chevaline, c’est-à-dire dans l’est et le nord de la France. Elle a perduré jusqu’à nos jours et bon nombre de meneurs, surtout les débardeurs à cheval, travaillent « au cordeau ».
Si un grand nombre de chevaux et de mules ont été attelés au cordeau, peu d’ânes ont été dressés spécifiquement. En 35 ans de carrière je n’en a vu qu’un seul en Bretagne ! Or cette technique est très intéressante pour tous les travaux à pied et peut très bien être mise en œuvre avec des ânes
Tout d’abord, il faut préciser qu’il s’agit d’une technique qui ne s’utilise qu’au pas et si elle est compatible avec des travaux attelés à une voiture utilitaire, elle n’est pas adaptée à l’attelage fût-il de loisir.
Le matériel


Le bridon est équipé d’un mors de bride, un « coup de poing » fait l’affaire et les fausses rênes sont attachées à la passe la plus basse. La gourmette est réglée comme pour des guides (passage de deux doigts quand les branches du mors sont dans le prolongement des montants).
Les fausses rênes (en cuir ou en cordage souple) passent par les clefs du collier. La clef de droite est située plus haute que la clef de gauche car le meneur est souvent à gauche. Le débattement des fausses rênes derrière le collier est d’environ 40 cm (suffisant pour un âne !).
Le cordeau en corde souple (attention au matériau qui brûlent les mains quand on travaille sans gants !) est attaché aux fausses rênes derrière le collier par un anneau (ou mousqueton) coulissant. Sa longueur varie en fonction des tâches à effectuer. Pour les travaux de débardage, il est nécessaire qu’il soit assez long (4m ou plus), sinon il faut l’adapter à l’outil.
Le menage
Tout d’abord, comme pour le menage aux guides, il est absolument nécessaire que l’âne soit appuyé sur son mors et « en avant », si possible calme et droit pour reprendre les principes de base de l’équitation.
La technique de menage consiste à utiliser un code physique par l’intermédiaire du cordeau pour donner les indications. Cela ne peut se faire que si l’âne est éduqué et qu’il comprend déjà  les ordres vocaux.
Pour s’arrêter, le meneur tout en donnant l’ordre d’arrêt, arrête de marcher et retient le cordeau.
Pour tourner à gauche, tout en donnant l’ordre vocal, le meneur en marche tend légèrement le cordeau jusqu’à ce que le virage soit effectué.
Pour tourner à droite, tout en donnant l’ordre vocal, le meneur en marche donne des petites saccades intermittentes jusqu’à ce que le virage soit effectué.
Pour reculer, tout en donnant l’ordre vocal et en prenant le palonnier, le meneur tire sur le cordeau jusqu’à obtenir un pas en arrière.
Il faut noter que la position et l’allure du meneur sont fondamentales dans cette technique de menage, il ne faut pas par une mauvaise position  « bloquer » les déplacements  de l’animal.
Dans tous les cas, et comme en attelage, une fois l’ordre effectué, on baisse l’intensité des aides (cordeau et voix) et on récompense l’âne (par exemple « c’est bien » ou « brave »)
L’âne
A priori tous les ânes sont aptes à être menés au cordeau. Il est néanmoins nécessaire qu’ils aient été éduqués dans cette optique.
L’apprentissage peut se faire directement au cordeau à partir de deux ou trois ans ou après un passage aux longues rênes. Plus l’animal est âgé, moins cela sera facile !
Enfin, il faut noter que le menage au cordeau, si il facilite la tâche du meneur, ne rend pas plus aisée la traction par l’âne, celle-ci ne dépendant que de l’outil ou de la charge.

samedi 9 janvier 2016

Intervention à Uzes dans le cadre du CS utilisateurs de chevaux attelés

Pour quelques jours, les apprenants du CS utilisateurs de chevaux attelés ont délaissé les chevaux pour se consacrer aux ânes.
Après un cours théorique sur les notions de force, travail et puissance qui a paru indigeste à quelques uns (mais qui ont vite compris l'intérêt par la suite !), nous avons attelé les ânes (Atlas, Arsouille, Rabolliot et Rodéo) pour faire des mesures dynamométriques.
Pour varier les exercices, nous avons attelé en simple, en paire avec les guides italiennes puis en simple et en paire au cordeau.
Le lendemain, c'était au tour des attelages à trois de front, puis quatre de front et à deux en files avec des balances de collier.
Atlas et Arsouille menés au cordeau avec un seul cordeau

nos attelages lors des mesures

les mêmes de face

à trois de front

en avant, calme et droit dans la cour d'honneur du Haras

à quatre de front pour passer la barre ....
..... dans la carrière

à deux en file

beaucoup de ficelles Jean-Pierre ?

prêt pour le départ

finalement, cela se fait ! les balances sont équilibrées, bravo !
Merci à Jean-Pierre et Frédéric pour ces magnifiques photos, alors que la luminosité n'était pas au rendez-vous.
Merci à tous les stagiaires pour leur écoute et leur enthousiasme et au Haras national d'Uzès et à tous ses agents pour leur accueil.

lundi 19 octobre 2015

stage attelage multiple

 Après avoir pris en main les ânes en voiture deux roues, nous nous sommes lancés à deux en paire, puis à trois de front sur le gros break. Cette première journée nous a permis de tester nos capacités et d'avoir différentes sensations. La randonnée de 10km a été bénéfique pour bien sentir nos attelages, le relief varié nous a amené à la connaissance des capacité des ânes.
Le lendemain fut consacré à l'attelage à 4 classique avec une wagonnette moderne bâchée. Des exercices de maniabilité et une longue promenade nous ont permis de mener dans différentes conditions et aux différentes allures. L'après-midi fut consacré à l'entretien de la pelouse avec la fauche, le ramassage de l'herbe et des feuilles ainsi que le tombereau avec Atlas mené au cordeau.Tous ces travaux ont été réalisé avec trois ânes de front. A noter que, lors d'un bourrage dans une taupinière, nous avons tordu la barre de traction ... prévue pour un cheval de trait !!! Pas de soucis, elle a été remplacée par une chaîne.
Le mercredi, travail à pied, nous avons débardé des stères au traîneau à quatre de front dans une pente courte mais sévère. Cela nous a permis de faire un attelage inédit avec une ânesse du lieu et trois hongres que nous avions amenés. le départ a été un peu laborieux mais très rapidement tout le monde s'est mis au travail. L'après-midi, dans un froid de canard, nous avons attelé à trois en flèche.
En résumé: trois jours de stage intensifs avec 7 ânes différents et des attelages à chaque fois nouveaux.



Pour voir plus de photos, cliquez ici
Dan, notre ingénieur image et son (!), nous a promis de nous quelques vidéos. Dès que nous les aurons, nous publierons les liens.

dimanche 7 juin 2015

attelage à trois de front mené au cordeau

Après son stage chez nous, Jean-Jacques a publié un article dans les Cahiers de l'âne (n°68) intitulé :
Près d'Uzerche, un attelage de travail à 3 ânes menés au cordeau (avec une seule guide s'entend bien évidemment)
Sous des considérations poétiques et un peu philosophiques, il rend bien les sensations (un peu magiques) de cette méthode de menage.
N'hésitez as à vous le procurer et bonne lecture.

samedi 25 avril 2015

Impressions asines chez « les Ânes du gîte »...par Jean-Jacques (merci)


Dans le cadre du stage en entreprise requis en vue de l'obtention du Certificat de Spécialisation « utilisateur de chevaux attelés » au CFPPA de Montmorillon, j'ai choisi de passer 15 jours (du 23 février au 6 mars 2015) chez Armelle et Jean-François Cottrant près d'Uzerche. Délaisser un temps les chevaux de trait soit, mais pour des ânes, j'avais bien senti comme une interrogation chez mon formateur quand je lui avais annoncé ma décision. Ignorant tout de la « pratique des ânes au travail », n'ayant jamais côtoyé d'ânes de près ou de loin, mais passionné de longue date par tout ce qui touche aux relations -et à la communication- entre humains et animaux, qu'ils soient domestiques ou sauvages, au travail ou dans la nature, j'avais enfin l'opportunité d'approcher « le petit peuple des ânes ».
Penser comme un âne
C'est bien aussi cette connivence et cette intimité perdue avec des animaux au travail dans les campagnes, qui n'excluent pas une familiarité qui peut paraître parfois un peu brutale vue de la ville, que j'avais envie de connaître. Il me faudrait « se laisser aller à sentir les choses ». Pour cela, j'avais besoin d'un diplomate pour m'aider à rencontrer l'âne comme une autre manière d'être vivant, de voir et d'aller. Le diplomate, étymologiquement, est « plié en deux » : entre deux langages, deux comportements, deux systèmes d'intérêts. C'est ce qui le rend apte à être négociateur et interprète, entre les humains et les ânes ; formé à penser comme un âne (n'y voir aucune allusion de mauvais goût). Ce serait Jean-François, avec ses hardes de races normande et cotentine. Pensez donc, pas moins d'une trentaines d'ânes rien qu' à Condat-sur-Ganaveix, et encore une quinzaine chez Armelle dans leur berceau de races, dans l'Orne. Rencontré lors d'une journée de formation technique au CFPPA sur la traction animale - savoir différencier force, travail et puissance, pour travailler dans la durée et le respect du confort de l'animal-, l'homme était venu avec un traîneau, des bidons de lait, mais sans ses ânes, pour des essais de mesure (avec un dynamomètre) des forces de traction exercées par un équidé au travail tractant un outil, notre cheval de trait poitevin en l'occurence. J'avais été séduit par son parcours, son expérience professionnelle, son propos, sa simplicité et sa générosité. Dans sa promotion de la traction asine, c'est aussi une philosophie de vie au quotidien avec les ânes au travail qui s'exprimait. Je tenais enfin mon diplomate.
Les oreilles au garde-à-vous... et Jean-François vient "cueillir" celui qui va s'y coller aujourd'hui
Ânes en stock
Pendant ces quinze jours, j'ai pu travailler avec 10 ânes différents, mâles castrés et jeunes entiers de 18 mois pour les plus jeunes dans une grande variété d'usages et de conditions, de harnachement, d'attelage et de menage. J'ai pu observer et approcher les différents tempéraments et comportements des ânes au cours des étapes successives de travaux ou d'exercices. Apprécier aussi, modestement, les progrès respectifs au cours de ces deux semaines, sur de jeunes ânes comme Djembé, Cadichon, ou Balluchon, un âne intelligent mais fantasque… mis à l'attelage, en simple, en paire ou à trois, au débardage en simple ou en paire, ou encore au cordeau, pour la première fois. J'ai pu aussi constaté différents tempéraments dans le travail d'ânes déjà formés et expérimentés. Découvert que trois ânes à l'attelage sont capables d'effectuer le même travail qu'un cheval de trait de 750 kg sur la même durée, 6 heures.
L'attelage à trois, le plus adapté pour les travaux agricoles et forestiers de longue durée... la belle innovation de Jean-François.
 
Bon, mais en dehors de Vidocq et de Canaille... je n'arrive toujours pas à les reconnaître, ces ânes !
Onze paires d'oreilles au garde-à-vous
Ma première rencontre avec les « ânes chocolat » dans le pré des mâles, accompagné de Jean-François, ce sont onze paires d'yeux et onze paires d'oreilles dressées au garde-à-vous qui déjà vous lisent. On sent une confiance, une curiosité, un intérêt peut-être, une interrogation aussi : ce sont lesquels d'entre-nous qui vont s'y coller aujourd'hui ? Tandis que Jean-François, avec ses « salut les cocos » amicaux, d'une voix douce et chantante, les licols masqués dans son dos toutefois, approchent les élus du jour d'un pas calme, pour leur passer le bras délicatement sur l'encolure, sans cesser de parler à chacun. Je n'ai observé de foulées d'insoumission ou de révolte, ah les bien grands mots, qu'à une occasion, et jamais au-delà d'une trentaine de mètres, dans un pré d'environ 6 hectares. C'est tout dire !
Rodéo et son bât pour le chantier de réparation de clôture du pré des femelles
Des « courtis'ânes » dans leur écrin de fougères
Une autre rencontre rare, c'est celle avec la troupe de femelles, les « courtis'ânes », pressées à l'entrée du pré dans leur écrin de fougères pour accueillir Rodéo, un mâle castré équipé de son bât à échelles du Queyras pour réparer une clôture. Bon, mais en dehors de Vidocq, avec ses oreilles roussies, et Canaille, un jeune entier chétif, je n'arrivais toujours pas à les reconnaître au pré, ces onze ânes, après quinze jours de travaux quotidiens. Qu'importe. Cette première fois chez le petit peuple des ânes au travail, chez Armelle et Jean-François, cela s'appelle le bonheur.
 
 
les "courtis'ânes", la harde des douze femelles dans leur écrin de fougères.
 
 
 
Rodéo au départ pour le tri collectif à Condat-sur-Ganaveix. version originale du bât à échelles queyrassin.
 
 Jean-Jacques Blanchon







jeudi 16 octobre 2014

stage de débardage organisé avec la FR CIVAM Limousin


 Le temps était de la partie pour ce stage de débardage organisé avec la FRCIVAM avec une mise en situation sur un chantier réel : la base de loisirs de la Minoterie à Uzerche. Pour l'entretien de cette forêt aménagée appartenant à la ville d'Uzerche, nous (enfin plutôt les ânes) nous sommes attelés à exploiter un frêne (diamètre 55 cm) menaçant de tomber et un chablis de tremble (diamètre 45 cm) empiétant sur une plate forme de camping. Nous avons aussi pu commencer l'exploitation d'un chablis de frêne.
 Les bois façonnés en un mètre ont été enlevés au traîneau (merci à Florence pour son prêt de traîneau) à raison de 0,5 à 0,75 stère par voyage suivant les conditions de pente et les grumes en traîne directe, les plus grosses cubant 0,75m3 (diamètre 40cm et 6 mètres de long). La difficulté dans les pentes n'est pas tant la traction que le maintien de la trajectoire de la grume pour éviter qu'elle ne roule et entraîne alors avec elle les ânes.
pour vous donner une idée de la pente !
Les plus petites grumes (jusqu'à 0,4 m3) ont  été traînées par Vidocq fidèle au poste au cordeau,puis nous avons pris la paire Rodéo-Rabolliot et enfin pour les plus grosses dans les talus, nous avons attelés à trois de front.
Ce stage fut très intense tant au niveau physique avec une efficacité remarquable que psychique avec des mises en situation nécessitant réflexion et concentration.
Encore une fois les ânes ont étonné les stagiaires par leurs capacités et leur dévouement.

La même pente à trois
Ewa (merci beaucoup) a pris des photos que vous pouvez retrouver en cliquant ici

dimanche 14 septembre 2014

stage jeune âne, attelage à quatre

 Lors du stage jeune âne, nous avons travaillé avec 9 ânes de deux et trois ans, mâles et femelles dans différentes tâches: traction, avant train à trois, cordeau et mise à la voiture. C'est avec les deux femelles de trois ans (Ballerine et Bergère) que nous avons constitué la dernière matinée un attelage à quatre (deux jeunes avec Fifi et Némésis). Une première pour elles et .... pour Michel !


 vous pouvez voir plus de photos: cliquez ici

vendredi 9 mai 2014

stage FRCIVAM du 22 avril

 Le 22 avril 2014, s'est déroulée la dernière journée du cycle de printemps de la formation organisée par la FRCIVAM avec l'organisation bénévole de Betty.
Au programme , il y avait du débardage et du travail du sol avec des ânes menés au cordeau, aux longues rênes et en paire ou en file.
Les 8 stagiaires ont pu s'essayer sur tous les ateliers et même les moins convaincus(es) ont pu apprécier les travaux grandeur nature jusqu'au point d'en redemander pour l'automne avec des véritables chantiers sur plusieurs jours.
Pour voir les photos  cliquez ici

vendredi 18 avril 2014

stage de menage au cordeau rédigé par Betty Marin (organisatrice bénévole de la FR CIVAM Limousin)

Première journée de stage « menage au cordeau » : nous étions une dizaine de stagiaires venus nous essayer a cette technique fortement utilisée pour les travaux agricoles et forestiers, découverte pour certains en décembre dernier aux ânes du gite de Vernejoux.
En effet pour les paysans et futurs paysans que nous sommes, cette méthode a tout son intérêt car elle permet de mener à avec une seule guide et  libérer son autre main pour la manipulation des outils. (Voir article de janvier 2013 sur le sujet : http://formasine.blogspot.fr/2013/01/le-menage-au-cordeau.html ).

Une corde relie les deux branche du mors, sur le modèle d’une paire de rênes courtes, puis on lie à cette paire de rêne une ficelle plus ou moins longue appelée cordeau.
Le code a l’air simple, pour tourner à gauche on tend légèrement le cordeau, pour tourner à droite on exerce des petites secousses jusqu’à l’obtention du mouvement, pour s’arrêter on tient plus fermement le cordeau. Rappel des principes de base : un animal « en avant calme et droit » et on relâche dès que l’on a obtenu l’ordre souhaité.  Les codes du cordeau sont associés au positionnement du corps et à la voix. Bon, allons y !

Le maitre d’école c’est Vidocq. Comme le dit l’expression emprunté au bâtiment, il est tiré au cordeau : précis, fin, cet âne qui travaille régulièrement en débardage de bois est très maniable, il répond très facilement aux codes,  le cordeau parait très accessible aux « apprentis » que nous sommes.

Après ce démarrage en confiance, nous nous essayons à tour de rôle avec des ânes ayant moins de métier.  La chose parait moins aisée…  le positionnement du corps et surtout la voix doit prendre le relais pour obtenir le mouvement souhaité. L’imprécision de la main inexperte rend la tache plus difficile, et l’on prononce des « gauche, gauche, gauche », «  hiip », «  ho-ho là » très appuyés dans toute la prairie.  

Nous continuons à nous faire la main sur un exercice de slalom autour de cônes de chantier. D’autre part,  nous attelons aux ânes la tondeuse mécanique. Deux objectifs : réussir le slalom au cordeau et tondre la pelouse du parc droit.  Au début, on se rend compte que les changements de directions sur le slalom ne sont pas si évidents alors que sur la pelouse se dessinent très bien  les méandres amateurs d’un passage de tondeuse. On se rassure un peu en discutant  sur l’efficacité  de l’outil, et on oublie un peu le gymkhana de nos attelages.
Les gestes s’assurent, les ânes nous écoutent de mieux en mieux, la pelouse se tond, et les stagiaires se relâchent. Nous attelons deux ânes ensemble avec deux cordeaux pour « sentir » un peu plus, puis un cordeau unique pour mener la paire, et toujours avec, un peu plus de compréhension, on y arrive.

Finalement, cette technique du cordeau  ne s’improvise pas et demande un peu de tact. Nous aurons une seconde journée pour affiner nos sensations. Cette fois, il sera question de débardage de bois, travail agraire, associer la manipulation de l’outil et le travail au cordeau.
Pour voir quelques photos cliquez ici.


 A mardi prochain, donc le 22 avril !

Rédigé par Betty

samedi 22 mars 2014

formation éducation du jeune âne avecla FRCIVAM Limousin

 La deuxième et dernière journée de formation sur l'éducation du jeune âne à la traction s'est déroulée le 17 mars.
Elle nous a permis de mesurer les progrès des jeunes ânes que nous avions déjà travaillés la semaine précédente:
  • deux ânes de deux ans, l'un aux guides et l'autre au cordeau
  • 5 ânes de trois ans, 2 femelles en paires et à trois avec une plus veille comme maîtresse d'école, un hongre à la voiture et deux autres (guides et cordeau) à l'avant tran avec deux ânes plus âgés
  • deux ânes de quatre ans en paires à l'avant train et à la voiture
soit en tout 10 ânes de sortis.
Pour couronner le tout, nous avons pu atteler à 4 avec les ânes de 4 ans au timon et un de deux ans en volée. Un peu perdu au départ par toutes les guides qu'il faut avoir dans les mains, les stagiaires se sont vite pris au jeu et ont pratiquement tous mené cet attelage.

 Vous pouvez accéder aux photos cliquer ici

samedi 15 février 2014

Sessions de formation organisées avec la FRCIVAM

Suite à la journée déjà réalisée à l'automne, nous proposons, en partenariat avec la FRCVAM Limousin deux sessions de formation sur chacune deux journées
Session 1 : ÉDUCATION DU JEUNE ÂNE :
       -     Mardi   11/03/2014 : éducation du jeune âne
      -     Lundi 17/03/2014 :  éducation du jeune âne

Session 2 : TECHNIQUE DE MENAGE AU CORDEAU :

      -     Mardi 08 /04/2014 : travail menage au cordeau

       -     Mardi 22/04/2014 : travail menage au cordeau
 Ces journées auront lieu à Vernéjoux, 19 140  Condat sur Ganaveix
 Les frais de formation peuvent être pris en charge par VIVEA. Pour tout renseignement et inscription vous pouvez contacter Betty MARIN  qui assure bénévolement l'organisation administrative de ces formations: marin.civamlimousin@orange.fr

mercredi 5 février 2014

chantier de débardage à la base de losir de la Minoterie à Uzerche

La ville d'Uzerche est propriétaire d'un bois  qu'elle met à disposition de la base de loisirs pour y accueillir sur des terrasses aménagées des groupes de campeurs. Ce bois est en pente très forte vers la vallée très encaissée de la Vézère.
Le but de la coupe est de nettoyer (enlèvement des chablis, réouverture des cheminements, éclaircie,..) et de mettre en sécurité ce bois qui est très fréquenté durant la saison touristique( d'où la nécessité de ne rien abîmer !). La coupe doit aussi être légère de façon à garder un couvert ombragé empêchant le développement des ronciers .Il s'agit donc d'enlever essentiellement des bois de petit volume en gardant si possible les essences nobles. Si le diamètre n'est pas très important la longueur de ces grumettes est souvent de plus de 10m, celles-ci ayant poussée dans un taillis très serré. Une autre difficulté est l'abattage car pratiquement toutes les grumes s'encrouent (restent perchées) et il est nécessaire de les tirer avec un âne pour le faire tomber. Due à la forte pente, la place dépôt est aussi très petite et nous oblige à évacuer les bois façonnés au fur et à mesure.
C'est donc un chantier où la traction animale asine à tout son sens.

Nous l’avons commencé la semaine dernière (entre les averses !) avec Vidocq mené au cordeau.
vous pouvez vois plus de photos en cliquant ici.

mardi 17 décembre 2013

stage de traction asine FRCIVAM 2013

 Le 10 décembre 2013, 8 stagiaires limousins se sont retrouvés à Condat sur Ganaveix à l'initiative de la FRCIVAM en Limousin.
Au programme une séance théorique (un peu trop pour certains !) en salle le matin et une mise en pratique avec nos ânes l'après-midi le tout entrecoupé d'un repas convivial. Le soleil était de la partie.
Nous avons pu atteler 6 ânes d'abord en simple au cordeau et aux longues guides, puis deux paires dont une à l'avant train équipé de la limonière, puis à trois de front en traîne directe et enfin à quatre de front et en volée avec la limonière. Ce fut donc une journée riche en découverte, notamment sur les possibilités d’utilisation des ânes. Le menage au cordeau a beaucoup intéressé les professionnels et les échanges autour de cette technique ont été enrichissants.
Merci à Betty (FRCIVAM) qui s'est chargée de l'organisation et surtout de l’administration et à tous les stagiaires d'avoir pu se libérer pour partager cette passion de la traction animale... sans oublier les excellentes soupes concoctées par Armelle et Max


 vous pouvez voir d'autres photos: cliquer ici

mardi 28 mai 2013

tonte de pelouse avec deux ânes

Après avoir essayé la tondeuse hélicoïdale avec un seul âne, je l'ai équipé d'un timon en acacia et ai ainsi pu atteler deux ânes en paire  ..... entre deux averses !
Cet attelage présente des avantages et des inconvénients. Parmi ces derniers, cela oblige à marcher derrière la tondeuse, c'est aussi un avantage pour un travail parfait car on peut aisément contrôler les passages et ajuster la trajectoire,... mais c'est nettement plus fatigant !
Un autre inconvénient est la maniabilité, le timon n'étant pas articulé dans le sens longitudinal, le rayon de braquage est important, par contre il est plus facile de reculer !
Dans les avantages, on peut citer un effort moindre pour chaque âne (pas d'avant train et de meneur à tirer et en plus ils sont deux !), un vitesse plus constante, .... Pour nous, cela permet aussi de mettre en paire un jeune âne avec un déjà aguerri et de parfaire ainsi son éducation. C'est le cas sur les photos ou vous pouvez voir Vidocq (4ans) et Beaumec (2ans), tous deux menés au cordeau.
Avec deux ânes, il serait possible de rajouter deux éléments de tondeuses et avoir ainsi une largeur de coupe de 1.70m.
Pour donner une idée de rendement, je tonds environ 3500m2 en 1h15 dans une pelouse avec une forte pente et ayant une vingtaine d'arbres et de massifs.

dimanche 10 juillet 2011

les familes de mon élevage: les normandes

cliquez sur les noms en bleu pour obtenir la généalogie
 
Les souches  normandes

J’ai acheté cette ânesse à 6 mois (plus tard j’ai racheté sa mère) et ai très vite été me promener avec elle en attelage conseillée pour cela par les Anciens de mon entourage, car de mon côté je n’avais jamais attelé
Je suis convaincue que c’est elle qui savait comment faire et qu’elle m’a beaucoup appris, plusieurs anecdotes me l’ont confirmé au cours de nos échappées
 L’époque la race normande venait d’être reconnue et peu d’éleveurs encore travaillaient avec ces ânes-là. Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu’on m’a demandé de représenter l’âne normand attelé au salon de l’agriculture en 1999. Je ne m’en sentais pas capable…sans doute cette ânesse , assez cabotine, elle, savait attirer les honneurs et c’est une belle prestation qu’elle a su alors réaliser
En 2000, elle a été récompensée par le Concours Général agricole à ce même salon sur sa beauté.
C’est vous dire qu’elle a tout ! C’est vous dire qu’elle EST tout pour moi
C’est  par elle que j’ai littéralement plongé dans cette passion des ânes.
Pourtant j’ai assez peu d’animaux de cette lignée car m’amusant trop avec elle sur les chemins je ne la mets pas souvent à la reproduction ; quelquefois quand même car sinon elle manifeste son désir de mère en « kidnappant les ânons des autres mères !
J’ai ainsi Ménélas un hongre bâté, puissant, joueur
Némésis une fille aussi fiable que la mère et qui comme elle a tout de suite compris ce qu’on lui demandait
Typhée sa sœur très maternelle et douce que je n’ai pas encore faite travailler
Raboliot un petit fils qui laboure à la perfection,  volontaire dans le travail
..Et nous verrons ce que les derniers nés feront….
Pour moi cette famille qui reste de taille moyenne dans la race a de vraies aptitudes au travail, aime ça ; elle est moins câline que d’autres et plus complice dans l’action
 Iphigénie (Fifi) et Baltazar


Ayant très vite rejoint Iphigénie, Janouck est aussi un pilier de mon élevage.
Ainsi baptisée par Anouck en vacances à la maison, elle en a le caractère fort.
Elle-même et ses descendants sont très proches de l’homme, assez exclusifs il faut se montrer ferme avec eux faute de quoi ils vous mèneront par le bout du nez et pourraient se retrouver dans votre maison !.....difficile de résister à leur charme !
Ses descendants sont d’assez fort gabarit et puissants
Ainsi Organdie à la limite haute de la taille normande et Sacazic un hongre mis au travail en maraichage chez un professionnel après que son frère Noddy, âne maraicher professionnel lui aussi depuis 6 ans lui ait montré le chemin 


 Janouck
Cette ânesse achetée au sevrage m’a considérée je crois au début comme sa mère. Tant et si bien qu’elle était restée jeune dans sa tête et lors de sa première mise bas, alors que les   mères protègent jalousement leur ânon, elle me le laissait dès que j’entrais dans le champ profitant de ma présence pour aller boire ou voir les autres ânesses…une ânesse qui a souvent des comportements contrastés en troupeau, tantôt dominée, tantôt dominante.
cette  ânesse a produit plusieurs mâles à la maison et n'a eu qu'une seule femelle.
Sa fille, Ocarina est versatile parfois aussi
Tempo, hongre très fort devenu âne maraicher professionnel a demandé beaucoup d’heures de mise en confiance (merci à jean François pour sa fermeté et sa patience)
Simay un petit fils hongre devenu « âne d’école de traction » sous la direction de JeanFrançois, tant il est régulier dans le travail, ne se perturbe pas des erreurs de menage des débutants
Proche de l’homme sans excès alors que ses sœurs Arpège et Ballerine manifestaient du tempérament dès leurs premiers jours

Une lignée pleine de surprise, donc !!

 Simay au travail avec un buttoir


Cette ânesse achetée tard (elle avait 5 ans) pour respecter le souhait de la vendeuse qui ne voulait pas séparer le mâle que je lui achetai de celle-ci ne doit son salut dans la race normande qu’à se progéniture !!
En effet de taille limite (1.095) elle n’a été inscrite à titre initial que lorsque le jury a considéré les qualités Margotte très bel ânon de belle taille …et depuis elle n’a pas démérité !!
En effet en 2005, Normandine a reçu le premier prix de l’élevage (concours général Paris) et en 2007, une autre fille Percherane a reçu cette même distinction tant convoitée !!
Ces autres ânons que je n’ai pas gardés promettaient tout autant !!
C’est donc pour moi une excellente base d’élevage pour se faire plaisir en concours de modèle !
Ces filles sont faciles en promenade bâtée mais ont été peu attelées n’en manifestant pas de plaisir !
Par contre Vidocq, un petit fils a étonné par sa docilité et compréhension dans une formation au petits travaux de débardage où il était mené au cordeau à 18 mois !
 Normandine et Banho