jeudi 7 novembre 2013

sevrage des ânons

Voici venu le temps du sevrage, cette année nous allons en sevrer six un seul mâle et cinq petites femelles.
Cette période est assez cruciale dans la vie de l'âne et surtout pour ses rapports avec les hommes notamment en vue du travail futur. Nous avons pensé qu'il serait intéressant de vous mettre à disposition une partie d'un  article qu'Armelle a écrit pour la revue FERME (fédération pour promouvoir l'Elevage des Races domestiques Menacées) l'année dernière.



"Dans mon élevage, je ne fais pas vraiment de différence entre les races normande et cotentine que je mène parallèlement, étant tout à la fois très engagée dans la sauvegarde de race et à la recherche de critères propres à mon élevage : caractère rustique et herbager
Mais encore  plus que pour les animaux d’élevage pur, le caractère et l’éducation des ânes sont des critères prédominants ;
En effet convaincue qu’une race n’est sauvée que lorsqu’elle trouve une utilité qu’elle soit pastorale, alimentaire, utilitaire, je tiens à ce que mes animaux  s’inscrivent dans ce schéma et les prépare pour ça.
Ainsi je tiens à élever les ânes en troupeau pour respecter leur caractère grégaire et profiter de l’éducation dont profitera l’ânon d’abord par sa mère puis par la troupe toute entière
L’âne est un animal sociable naturellement proche de l’homme mais chacun a sa propre personnalité avec laquelle on doit composer. Aussi, j’essaie d’avoir les animaux qui me conviennent le mieux et pour cela je me fie au caractère des parents et plus particulièrement  de la mère qui, en plus de sa demie contribution génétique, éduque l’ânon. On retrouve lorsqu’on a gardé des lignées  entières comme dans notre élevage des similitudes importantes de comportement 
De plus en plus d’études convergent vers le fait que la meilleure éducation des équidés même appelés à travailler avec l’homme est celle de leur mère naturelle ; mon intervention durant les 6 premiers mois est donc minime : surveillance, présence longue dans les herbages sans forcer l’ânon à être touché.  S’il vient naturellement je ne boude pas le plaisir de caresser ces ravissantes peluches non plus !!
Je suis convaincue qu’à ce stade tout s’enregistre chez le petit, ainsi être présent dans l’herbage c’est faire un peu partie de leur monde… mais pas trop Son vrai monde c’est le troupeau avec qui il partage l’espace.
Si d’autres animaux, jeunes ou mères viennent faire leur câlin,  le petit même s’il reste en retrait l’enregistre comme un fait naturel.
Souvent les mères sont très protectrices de leur ânon durant les premiers jours et restent loin de nous… laissons faire….
l'ânon apprend beaucoup de sa mère

J’ai l’exemple d’une mère possessive qui botte (fait rare chez l’âne) quand on approche son ânon la première semaine…Si on laisse faire cela devant l’ânon , j’ai pu remarquer qu’il aura lui aussi tendance à lever les fesses, ce qui obligera à un fort recadrage.
Si on ne force pas la mère, en d’autres circonstances, câline, elle amènera le temps venu pour elle son ânon vers nous.
Cette attitude extrême chez nous m’a permis de réaliser qu’il faut laisser les mères faire, ne pas forcer, stresser l’ânon pour qu’il n’accumule pas ces images ou simples « ondes négatives » que nous ne percevons pas
Ce n’est qu’au sevrage que nous avons choisi de nous imposer aux jeunes ; C’est Le moment crucial, le jeune séparé de sa mère cherche de nouveaux repères et intériorise tout ce qu’on lui apporte à ce moment-là.
Là encore le fait de sevrer plusieurs jeunes ensemble aide à leur stabilité : ils ne sont pas seuls, ils restent avec leurs copains : ça amortit la nécessaire et douloureuse séparation de la mère ; les plus hardis aident les moins dégourdis ! Souvent un animal plus âgé pour les accompagner au début de cette nouvelle vie  les aide à trouver l’eau, ou apprendre à manger des choses nouvelles par imitation.
Et c’est ainsi qu’en restant longtemps avec eux à cette période s’établit une complicité, un plaisir d’être ensemble qu’on pourra décliner par la complicité dans le travail, le plaisir de randonner ensemble tout en respectant le monde de l’un et de l’autre." Article tiré du n°73 du Journal de FERME, auteur Armelle Cottrant-Ménager.

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